Des âmes errantes sur un océan de douleurs?
Des fantômes perdus dans la houle, perdu dans une tempête rageuse laissant leurs frèles esquifs à la mercie des vaques furieuses? Ces mêmes vagues qui s'abattent encore et encore contre la petite coquille de noix qui nous permet de rester à flot encore un peu, mais le ressac s'abbat encore et encore et le voyage n'en est que plus pénible, l'horizon ne laisse paraitre aucune lumière, aucun phare pour nous guider...
Je n'ai plus de port d'attache, j'erre d'un lieu à l'autre.
Personne ne sait que je suis là.
Personne ne voit mes larmes.
Personne voit mes blessures.
Et personne ne sait que j'existe.
Je peux me noyer dans cet océan déchaîné, le monde ne le remarquera sans doute pas et peut être même qu'il ne s'en portera que mieux. Et puis, je commence à avoir l'impression que, ce serait un service que je rendrais à l'Humanité que de choisir de lacher la planche à laquelle je me rattache, me laisser couler... Laisser les courants m'emporter loin de cette peine.
Je bois la tasse, j'essaye de continuer un peu le combat pour la vie mais je m'éloigne inexorablement de la petite zone où j'ai pied.
Je bois la tasse!
Au secours!
Y a t il quelqu'un qui m'entende?
Y a t il quelqu'un pour me sauver?
Non, tout le monde est là, mais personne n'entend... Chacun occupé à maintenir sa barque dans une direction... Il faut penser à soi, tant pis pour ceux qui sont tombés à l'eau, ils n'avaient qu'à faire attention.
Ca y est, j'ai laché prise, je ne saurai plus me battre longtemps contre la tumulte envirronante, l'écume emplit déjà mes poumons, ça brûle, je le sens bien mais je suis tellement fatiguée que je m'en moque et je m'endors...
Les larmes, oubliées.
Le sang, oublié.
Les blessures, oubliées.
Tout est oublié.
L'eau a lavé toutes mes souffrances, je ne sens plus rien, je n'ai plus mal, je ne veux plus rien.
Je suis partie, le sourire aux lèvre.
Tout est noir.
Je dors

